Et le jeu continue…

Il observait la scène depuis le sub-espace. A son échelle c’est comme s’il regardait une grande salle depuis le plafond. Ils se sentaient à l’étroit autour des tables rondes. Elles représentaient des mondes et les pions se déplaçaient tous seuls. Depuis quelques siècles, la table de Trammel était très occupée. Des dieux qu’on pensait disparu étaient revenu grâce a la puissance de la foi de leur croyant. Un habitué des lieux qu’on nommait Gardien affrontait un nouvel arrivant très doué du nom de Justice. C’était au tour du Gardien, il avança un pion. Le ton montât.
– Vous n’allez pas oser tous de même ! S’outragea l’autre.  » vous n’avez pas l’impression de tourner en rond ? Déjà qu’on doit subir le retour de ces créatures affreuses engendrée par vos fils… » Justice était bloqué…

Même pour lui cela devenait lassant de voir les dieux se chamailler. Telle une silhouette gazeuse il se mit en mouvement. Qui était-il ? Normalement il n’était pas définissable, ni par son espèce, ni par son sexe. Sa fonction était de contrôler que tous se déroulait correctement. Nombreux sont ceux qui pensent que la pesanteur ou les lois de la physique sont au-dessus de tous et n’ont pas besoin qu’on les protège. Mais ceux qui ont vu un mage modifier la réalité par sa magie prient pour qu’un être puisse les arrêter. Cet être existe, c’était lui. Depuis quelques siècles il s s’ennuyait et s’amusait à rentrer dans le jeu des dieux et des hommes. Il se dirigea vers Trammel.

Des cavaliers noirs profitèrent de la trêve avec le roi du Nord pour se diriger vers Britain. Leurs chevaux fonçaient dans la nuit. Hommes et bêtes étaient déterminés à avancer quoi qu’il en coûte. Au poste-frontière le garde venait de recevoir un petit panier. A partir du moment où il contenait du jambon et de la bière il se moquait du destinataire. La bière était bonne, elle lui montait rapidement à la tête, il s’endormit, les cavaliers passèrent.

L’empereur avait dû mal à dormir. Il était inquiet pour sa capitale. Il avait lance un chantier titanesque et avait eu le malheur de confier la transformation des lieux aux mages locaux. Hors les habitants de la capitale savaient que les mages de Britain ne terminent jamais ce qu’ils ont commencé, ça les ennuis. Ils préfèrent passer une matinée à vérifier que les cordonniers utilisent bien une force égale à la résistance du coup porté par le marteau lorsqu’ils réparent les souliers de leurs clients. C’était sûrement plus important que terminer une mission impériale.

C’était décidé, demain l’empereur écrirait au grand Mage Beshaba et virerait ces feignants. Ce n’était pas une mesure très populaire mais il n’en pouvait plus. S’il le pouvait il aurait envoyé dès ce soir ses hommes arrêter ces traîtres mais ce n’était pas possible car ils étaient partis chasser des lapins devenus fous partout dans l empire.

Au même moment les cavaliers noirs encerclèrent le château impérial. Un homme dégaina un sabre de diamant. Sur la lame était grave le nom du propriétaire, Bryfox. La créature gazeuse s’ennuyait de nouveau, l’histoire se répétait. Elle prit la direction du nord, l’homme armé, lui, entra et se dirigea vers les appartements de l ’empereur.

Dans une forêt le petit roi sortait d’un donjon.
– Non mais quelle ânerie cette amulette de pureté ! Elle est moche, et on comprend rien à son utilité.
– Elle est pourtant très précieuse majesté. Dit Sir nain bob, compagnon du roi, qui ne perdait jamais une occasion pour rappeler la valeur des choses.
– Pour qui ? Les mages ou les sorcières ? On a dû tuer une armée entière de squelettes et on a failli y rester nom d’une pelle !
– C’est vrai votre petite grandeur. Mais notre indicateur nous a dit que cette amulette permettait de discuter avec le très haut, ce qui la rendait inestimable. Sir nain bob, avait toujours en tête un petit bénéfice possible.
– Mon ami je crois qu’on s’est fait rouler. Regarde. Le petit roi mis l’amulette autour du cou  » tu vois ? Enfin non, tu vois pas, mais moi je vois rien de spécial .

Sir Nain Bob allait émettre un prix de revente possible à son roi lorsque celui-ci aperçut une forme volée au-dessus de sa tête :
– Eh mais vous êtes qui vous ? Jamais un être vivant ne l’avait interpellé. Sir nain Bob ne comprenait pas à qui parlait son petit souverain. La brume se mit à hauteur du nain et réfléchit longuement car la question était compliquée.
– Je suis.. je suis le Destin.
– Le quoi ?! Si c’est encore une blague de la confrérie des mineurs ils vont m’entendre !
– Non ! Je suis celui qui domine le monde, le protecteur des lois et du temps. je m’assure que la gravité fonctionne, que les molécules se mélangent correctement, que la vie des mondes ne sorte pas du chemin tracé.
Comme les nains sont toujours très concrets, le roi résuma :
– Vous êtes donc une sorte de fantôme gazeux au-dessus des lois ?
– Non ! la loi c’est moi. je dois respecter les règles car je suis les règles. je n’ai pas de formes propres c’est pour cela que vous m’apercevez ainsi.
Comme les nains sont toujours très logiques, le roi résuma :
– Ah ouai… pour une entité si puissante.. apparaître en nuage gazeux c’est un peu spécial quand même ! Moi j’aurais choisi de la poussière de diamant ! Mais, dites-moi.. si vous n’avez pas d’identité, ni de forme, pourquoi employez-vous le pronom  » je  » ?
La logique des nains est souvent imparable. Le petit roi venait d’énoncer tous haut une des règles de ce monde : quand une partie des règles du monde semble développer une personnalité, cette partie cesse spontanément d’exister. Le destin Disparu.
Et comme l’univers déteste le vide, le petit roi se transforma en poussière de diamant et rejoignit le sub-espace.

Le même jour un empereur et un petit roi disparurent beaucoup plus haut d autres s amusaient beaucoup.
– alors c’est ça votre coup ? Dit le Gardien.  » On tue votre pion et vous transformez un pion neutre en maître du jeu ? » Justice ne savait que répondre..
– bah la je vous avoue que je l’avais pas vue venir ce coup-là… la mort tu étais au courant ?
– NON

Et le jeu continue…

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